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L’amour au milieu des préjugés : à Saint-Raphaël, rencontrer une femme maghrébine, c’est naviguer entre les regards du quartier et ses propres envies. Au Dramont, entre deux cafés, tu croises des regards complices, mais tu sens aussi le poids du daron, cette voix qui rappelle que sortir avec une fille, c’est pas juste un kiffe, c’est toute une histoire de respect, de traditions, parfois de haram. Sur le Plateau Notre-Dame, l’ambiance est mezyana, les familles se retrouvent, mais les discussions sur l’amour restent discrètes, presque secrètes. En centre-ville, les jeunes cherchent à s’émanciper, à vivre leurs propres choix, mais les valeurs familiales restent ancrées, prêtes à ressurgir au moindre faux pas. Ici, aimer, c’est jongler entre héritage et désir, entre ce que la famille attend et ce que le cœur réclame.

Saint-Raphaël
À Saint-Raphaël, le soleil tape fort sur les pierres rouges du Dramont, mais parfois, ce sont les regards qui brûlent le plus. Quand on est un jeune franco-tunisien, que le cœur balance entre les valeurs de la daron et les envies de kiffer sa vie, l’amour devient un terrain miné. Surtout quand on cherche à rencontrer une femme maghrébine, ici, dans cette ville où les quartiers populaires comme le Plateau Notre-Dame ou le centre-ville vibrent au rythme du raï, des rires et des discussions animées autour d’un café.
Dans ces rues, tout le monde se connaît, ou presque. La communauté maghrébine y est soudée, mezyana, chaleureuse, mais parfois, elle pose ses propres frontières. Les familles veillent, les traditions pèsent. On te rappelle vite ce qui est haram, ce qui ne se fait pas, ce qui pourrait faire parler les voisins. Pourtant, le désir d’être soi-même, de choisir qui aimer, de sortir du cadre, il est là, puissant. Il s’invite dans les regards échangés au marché du centre, dans les sourires timides à la sortie de la mosquée, dans les discussions volées à l’ombre des platanes.
Parfois, on se sent écartelé. Entre la peur de décevoir la famille, de ne pas être à la hauteur des attentes, et l’envie de vivre une histoire vraie, sans calculs. On se demande si c’est possible de concilier tout ça, de trouver une femme qui comprend ce tiraillement, qui le vit aussi. Les soirées sur la plage du Dramont, les balades sur le port, deviennent alors des moments de liberté, où l’on rêve d’une rencontre qui ne serait ni haram, ni dictée par les darons, mais juste sincère.
Mais ici, à Saint-Raphaël, rien n’est simple. Les préjugés circulent vite, les rumeurs aussi. Pourtant, il y a cette force, ce courage de certains, certaines, qui osent briser les codes, qui veulent aimer autrement, sans renier d’où ils viennent. C’est dans ces petits gestes, ces regards complices, que naissent les plus belles histoires, celles qui réconcilient les valeurs et les envies.
Ici, chaque rencontre a son histoire.