
Annonces beurettes
Les femmes arabes de Agen n’attendent plus. Ce soir, dans les rues de Montanou, la lumière des lampadaires glisse sur les visages fiers des filles du bledi. J’avance, cœur serré, entre les regards lourds des darons et les sourires timides de celles qui marchent, la tête haute, malgré les chuchotements. À La Tapie, la vie pulse, la3ziz, mais le poids du quartier colle à la peau des femmes, comme une djellaba trop serrée. On dit qu’elles sont jaya, qu’elles n’ont pas froid aux yeux, mais moi je vois surtout leur pudeur, leur force tranquille, leur façon de tracer leur chemin entre traditions et rêves d’ailleurs. Rodrigues résonne de rires étouffés, de promesses murmurées sous les balcons. Ici, rencontrer une femme maghrébine, c’est apprendre à lire entre les lignes, à respecter le silence, à aimer sans bruit.

Agen