
Annonces beurettes
Celles qu’on regarde mais qu’on ne connaît pas. À Dax, entre les murs ocres de La Torte ou les rires qui s’échappent des balcons de Sablar, la femme maghrébine avance, fière et discrète. On croit la deviner derrière son foulard ou son sourire, mais wallah, on ne sait rien de son zhar, de ses rêves partagés entre le bled et la Gascogne. Dans les ruelles de Cuyès, elle jongle avec la hchouma des anciens et la liberté qu’elle s’invente, chaque jour, à sa façon. Son identité est plurielle, tissée de couscous et de chocolatines, de prières murmurées et de refrains gascons. Pour la rencontrer vraiment, il faut dépasser les regards, écouter la musique de ses mots, sentir la force tranquille de celles qui bâtissent des ponts, ici, à Dax, entre deux rives, sans jamais choisir l’une contre l’autre.