
Annonces beurettes
Ces filles qu’on croise en bas de la cité, voilées ou cheveux au vent, elles font battre mon cœur à chaque retour à La Monnaie ou quand je traîne avec mes sa7bis aux Méannes. Ici, à Romans-sur-Isère, tout le monde se connaît, mais pour rencontrer une femme maghrébine, c’est jamais simple. Entre les regards, la pudeur, la peur du qu’en-dira-t-on, la religion pèse sur chaque mot, chaque sourire échangé. Parfois, je me dis que c’est mektoub, que si Allah veut, on se croisera au marché Saint-Nicolas, un salam timide, un sourire sous la khamsa. Mais la foi, elle protège et elle freine aussi. On rêve d’amour halal, mais on a peur de décevoir nos familles, de briser les codes. Inchallah, un jour, je trouverai celle qui comprendra ce tiraillement, entre traditions et sentiments, entre respect et désir d’avancer ensemble.

Romans-sur-Isère