
Annonces beurettes
Elles ne veulent plus se cacher pour aimer. Ce soir, à Sarcelles, j’ai croisé son regard aux Lochères, là où les odeurs de khobz chaud se mêlent aux rires des enfants. Teh fumant à la main, elle parlait fort avec ses copines, mais ses yeux cherchaient ailleurs, peut-être un peu de liberté. Ici, houma c’est la famille, la rumeur, la peur du qu’en-dira-t-on. Pourtant, dans les rues de Chantepie ou devant les tours des Rosiers, je sens ce désir de vivre autrement, de ne plus avoir à choisir entre traditions et sentiments. Les filles de chez nous, elles se construisent entre deux mondes, elles apprennent à aimer sans bruit, à rêver sans faire de vagues. Moi, fils d’immigrés aussi, je comprends ce besoin de tendresse labess, sans jugement. À Sarcelles, l’amour maghrébin cherche encore sa place au soleil.

Sarcelles