
Annonces beurettes
Ces filles qu’on croise en bas de la cité, foulard bien mis ou cheveux au vent, elles marchent vite à Wazemmes, rient fort à Fives, s’arrêtent à Moulins pour acheter du pain, un sachet de menthe, un peu de baraka pour la journée. À Lille, rencontrer une femme maghrébine, c’est d’abord écouter. Khouya, tu verras, elles n’ont plus peur de parler, même si parfois la vie leur a fait des trucs chelous. La parole se libère, doucement, entre deux cafés, sur un banc, à la sortie de la mosquée ou devant l’école. Elles racontent leurs rêves, leurs galères, la force d’être là, debout, malgré les regards, les clichés. Meskina ? Non, fières. Elles t’apprennent que la cité, c’est aussi la tendresse, la pudeur, la dignité. À Lille, c’est dans leurs mots que commence vraiment la rencontre.

Lille

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