
Annonces beurettes
Ces filles qu’on croise en bas de la cité, elles portent la parole comme on porte le khobz chaud, avec fierté et partage. À Carcassonne, si tu veux vraiment rencontrer une femme maghrébine, c’est à La Conte ou Ozanam qu’il faut traîner, là où le teh fume dans les cuisines et où la vie palpite entre les immeubles. Ici, la parole des femmes musulmanes s’est libérée, houma elles discutent fort, elles rient, elles débattent sur la place, sans peur du regard des autres. J’ai appris à écouter ces voix, à comprendre que derrière chaque foulard, chaque sourire, il y a une histoire de courage, de rêves, de labess arraché au quotidien. À La Bastide, entre deux marchés, j’ai croisé Leïla : elle m’a parlé d’avenir, de liberté, sans détour. Ici, la rencontre, c’est d’abord un échange vrai, un respect, une écoute.

Carcassonne