
Annonces beurettes
Celles qu’on regarde mais qu’on ne connaît pas. À Troyes, khouya, c’est tout un art de croiser une femme maghrébine, de la deviner derrière le voile ou le sourire timide, surtout à La Chapelle-Saint-Luc ou aux Chartreux. Avant, c’était chelou d’aller vers elles, les anciens disaient « hchouma », mais la nouvelle génération, elle s’en fout des tabous. On se parle au marché, on se croise à Pont Sainte-Marie, et parfois, la baraka fait le reste. Les regards deviennent des discussions, les silences se brisent autour d’un café. Meskina celle qui pensait devoir rester dans l’ombre, aujourd’hui elle s’affirme, elle choisit. Ici, les histoires d’amour se construisent entre traditions et envies de liberté. À Troyes, rencontrer une femme maghrébine, c’est possible, c’est même devenu normal. Les murs tombent, et nos cœurs aussi.

Troyes